Désir exit

Un long et lent travelling avant,visuel et sonore,
Filme jusqu’au jour déclinant,
L’espace vide d’une chambre d’hôtel,
où deux amants se retrouvent pour se quitter
Au lieu où ils se sont désirés.

2016-11-04_1459_c0005

NOTE-Poème

Il y a une beauté à la rencontre. Comme il y aurait une beauté à se désaimer… Au travers d’un film… d’un livre… D’une chambre… D’une vue… D’un son mer, rendu de l’inaudible à l’audible… remplaçant les mots silencieux des amants , les mots dits, mi-dits, à travers un geste, un regard, une expression perdue… sur un drap défait, une lampe allumée, un livre qui ne s’ouvre plus…

Il y a ce temps filmé, comme une image picturale, insistant sur ce cadre-fenêtre d’une chambre vide, délaissée aux variations extérieures des étendues du ciel et de la mer, jusqu’à sa fin de jour, sa fin d’amour.

Il y a ce jadis passé, repassé, qui réapparait, comme des images-souvenirs des dernières nuits, des instantanés découpés, décalés, dé-saturés, où l’histoire d’amour se vide des derniers bonheurs, celle d’une poétesse amante qui initiait son amant…

Et déjà l’attente glisse
Vers la douleur filigrane
Du désir perdu

Et l’oubli qui tarde Dans ces répétitions de vues, fixes, en mouvement, avant

La musique en coda qui précipite la sortie
En contre champ à cette lenteur générique où commença le film.

Il y a une beauté à s’être aimés dans une chambre du nulle part, Une beauté à laisser le récit s’effacer…

NOTE-Sonore

Il y a une beauté de la parole qui ne se dit pas. Je voulais filmer un dialogue entre amants, sans entendre leurs mots. Une sorte de film muet qui raconte une histoire d’amour ou plutôt de désamour, sans dialogues et sans entendre les mots dits ou mi-dits des amants. Je voulais laisser cet espace d’invention de la parole au spectateur, à lui d’imaginer son propre dialogue.

Le seul son du film est ce son de mer qui grandit au fur et mesure que le travelling avance et que nous sortons de la chambre. Un son initial inaudible, pris dans une image d’abord totalement silencieuse, sans audio. Puis le travelling sonore se met peu à peu en mouvement.

De l’inaudible, en début de film, on passe lentement à l’audible. Le son de mer vient remplacer les paroles des amants que l’on n’entend pas, mais aussi le son de leurs gestes, les bruits de la chambre.

C’est un son pur et unique de la mer, seule présente, qui vient couvrir, à la fin du film, toute l’image en hors champ, jusqu’à traverser les psychés des amants, les habiter de pensées-vagues.

Seule la musique surgissant à la fin du film effacera ce son mer définitivement.

vlcsnap-2017-03-31-17h57m45s325

Synopsis-Poème

Une image fixe
Filme l’espace vide d’une chambre d’hôtel
En plein jour
A gauche en amorce un grand lit, une table de chevet, un combiné de téléphone
A droite une chaise, une table d’écriture, un livre posé
En face la fenêtre grande ouverte
Entre ciel et mer

L’image commence à se mouvoir
Imperceptiblement
En travelling avant vers la fenêtre ouverte
Le plus lentement possible
Donnant l’impression à l’œil nu
D’un mouvement indicible
Que quelque chose avance inexorablement
En long plan séquence
De l’intérieur vers l’extérieur
On sortira très lentement de la chambre
On quittera peu à peu ses objets
Ses meubles
Ses murs
Les souvenirs qui l’ont peuplée
vlcsnap-2017-03-31-18h04m57s100
L’image fixe reste longtemps sur ce vide de la chambre
Une durée s’installe
Tandis que nous continuons à la regarder
On entend presque insensiblement un son de mer
Lointain
Monter en travelling sonore
De l’inaudible à l’audible
Soudain une autre image en insert apparaît
Fugitive
D’ un autre temps
D’une autre texture
L’image-souvenir
D’un autre présent
Passé
La chevelure d’une femme à sa fenêtre
vlcsnap-2017-02-27-20h04m19s312

L’image fixe sur le vide de la chambre revient
Et avec elle la durée d’une nouvelle contemplation
Quelque chose entre-temps s’est légèrement modifié aux bords du cadre
Une avancée s’est opérée et continue
Vers cette fenêtre grande ouverte
Tandis que nous attendons
De voir
A nouveau
La prochaine image-souvenir
Ressaisir ce qui nous a échappé
Une lampe s’éteint
Une porte se ferme

L’image fixe sur le vide de la chambre revient
Pointant davantage vers le cadre de la fenêtre
La lumière du jour s’est légèrement modifiée
Aux variations du temps qui passe
Une image-souvenir revient
Un homme seul referme la fenêtre de la chambre
Tandis que le son de la mer grandit
D’une absence
Celle de l’amante désirée
vlcsnap-2017-03-15-18h50m20s892

Il attend
Tandis que l’image fixe sur le vide de la chambre revient
Par vague fugitive
Il se souvient
D’autres images-souvenirs
D’autres passés
De fragments de corps rapprochés
Caressés
Dansés

L’initiation à la jouissance des mots
Dits
Mi-dits
Elle
Sa longue chevelure noire
Un livre s’efface
Entre ses mains
vlcsnap-2017-03-31-18h03m31s604
L’image fixe de la chambre revient
Pointant davantage sur le cadre de la fenêtre grande ouverte
Des meubles commencent à disparaître totalement
Le jour continue sa déclinaison souveraine
On entend la rumeur de la mer envahir tout l’espace sonore
On attend
Que la camera sorte de la chambre
On attend
Une dernière image souvenir

Celle du visage aimé
Exit un dernier murmure
Exit une dernière caresse

Musique

La fin se précipite

Tandis que l’image fixe de la chambre revient
Par vagues saccadées
Faisant disparaître les dernières images-souvenirs
D’un lieu jadis habité

Tandis que l’image fixe de la chambre revient
Ne filmant plus que le cadre de la fenêtre

Fin de jour
Fin d’amour

Les amants se quittent
Au lieu où ils se sont désirés
vlcsnap-2017-03-31-17h58m05s706
De cette image fixe originelle en travelling avant
Il n’y a plus à présent de chambre
Ni de fenêtre
Seulement le ciel déclinant sa dernière lumière
Et le passage de quelques oiseaux

 

vlcsnap-2017-02-27-20h13m46s688

Fiche artistique

Désir exit est une fiction expérimentale de 11mn, sans dialogues, en couleur.

Avec Jonathan Benita dans le rôle de la figure de l’amant
Et Barbara Panero, l’amante poétesse
Chef opérateur: Mikaël Lemercier
Ecrit, Mise en scène, Son et Montage: Barbara Panero
Post-production: Sandrine Depeyre
Musique: Enrika Panero aka Enrika

 

Remerciements
Un énorme merci à Jonathan et Mikaël pour leur belle présence tournée à mes côtés.
Un chouette merci à Sandrine pour la postproduction du film
Un affectueux merci à ma sœur Enrika pour la musique…
Un grand merci à  Gilles de Fotoprod et à toute leur sympathique équipe,Benoit, Stéphane… de leur chaleureux accueil et du prêt presque gracieux de la camera Black Magic!
Un merci à Carole, Patrick et toute leur équipe de Transpalux et Transpagrip pour leur accueil et leur généreuse aide technique.
Un merci à Mesdames Gabrielle et Christine Galigani, et leur équipe, de l’Hôtel du Rhûl pour avoir laissé que du cinéma habite une nuitla Chambre 21…

Uno grandissimo mille grazie alla mia familia pour m’aider à chaque fois dans mes éternelles aventures cinématographiques.

Et un doux merci pour mon amoureux…

 

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s