Camera intima

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Prologue

Nous avons tous certainement le souvenir d’une scène de film dans une chambre d’hôtel. Même oubliée, elle revient doucement à la surface de nos paupières-écrans. Comme une scène invisible, nous retrouvons peu à peu quelques détails, précaires, du lieu, et l’émotion, qui y fût vécue en la regardant. Cette émotion nous dit une part de notre intime et de notre être au monde à travers l’espace anonyme et innommé d’une chambre d’hôtel. Comme une machine à remonter le temps ou bien pour le démonter, Camera intima convoque nos souvenirs de cinéma et en invente d’autres à partir de cet espace-décor. Tu te souviens ? Pour que lentement, sans savoir, de l’écrin de nos mémoires elliptiques, une autre image naît de nous-même et de l’autre, à partir de ce non-lieu de la chambre d’hôtel.

Le projet Camera intima est à la fois un film, entre poème vidéo, archives et autofiction, réalisé à partir d’archives cinématographiques de scènes de lits de chambre d’hôtel, durée entre 30 et 50mn

Et une installation-performance visuelle et sonore dans une chambre d’hôtel, réelle ou reconstituée.

Actuellement en recherche d’un producteur d’art et de cinéma… Si ma démarche vous inspire, merci de me contacter via la cinereveuse… Je vous enverrai le dossier complet de présentation!

                                                                                                                               GENESE DU PROJET

Ecrire dans une chambre d’hôtel. Je crois que c’est comme ça que j’ai plus ou moins commencé. Je prenais un train, un avion et je partais élire domicile, quelques jours, quelques mois, dans une chambre, passagère et anonyme, un espace du dehors. Rome, Lisbonne, Turin, Vérone, Budapest, Buenos Aires. Une ville de l’ailleurs. Filmer dans une chambre d’hôtel. Je ne me souviens plus très bien du moment précis de ce passage de l’écrit à l’image. Mais ça a avoir avec cette illusion de croire que je pouvais mieux saisir ce réel devant moi. Ce qui m’échappait, si douloureusement. L’absence de mon amoureux. De ce corps si désiré, pris déjà dans une pliure irréversible, d’un jadis révolu, irrésolu. Ce qui n’existait plus soudain entre les plis du drap. Entre mes mains. Je n’aurai jamais autant aimé que dans une chambre d’hôtel. Aimer et écrire dans une chambre d’hôtel, la filmer. Et puis un jour, quitter cette chambre.

La mettre à distance, en Réflexion avec d’autres chambres d’hôtel qui ont été filmées dans l’Histoire du cinéma. La chambre mémorielle de Hiroshima mon amour de Alain Resnais, la chambre sublimée de Alphaville de Jean-Luc Godard, la chambre dégenrée de Wanda de Barbara Loden, la chambre initiatrice des Amours d’une blonde de Milos Forman, la chambre fantasmée de 2046 de Wong Kar Wai, la chambre errante de Permanent Vacation de Jim Jarmush, la chambre splittée de Chelsea girls de Andy Warhol, les chambres expérimentales de Chantal Akerman, la chambre sérielle de Gérard Courant… J’ai commencé à collecter des extraits de scènes filmées dans des chambres d’hôtel, celles de cinéastes aimés. J’ai commencé à remonter le temps, rechercher une histoire filmée de ce lieu-décor, écrire son archéologie cinématographique, sonder l’hétérotopie esthétique de la chambre d’hôtel, mais surtout ce désir de sublimer qu’ont eu de nombreux écrivains, peintres, photographes, et bien sûr cinéastes. Qu’est ce qui pousse un artiste à investir l’espace d’une chambre d’hôtel et l’habiter d’une forme artistique ? Je me suis intéressée à la question de l’intime et du paradoxe de sa représentation. Que devient l’intime – ce qui est au plus intérieur, a priori caché et extrait au regard de l’autre – lorsqu’il est rendu justement visible à cet autre, par le truchement de l’art ?

De ce travail est né un projet de Publication d’une réflexion esthétique et cinématographique « La chambre d’hôtel dans le cinéma de la modernité, l’hétéropie esthétique et politique pour filmer l’intime au cinéma  mais aussi,

Un projet de Film d’art vidéo mêlé d’archives sur une histoire du cinéma réinventée à travers ce lieu de la chambre d’hôtel;

Un projet d’Installation performance vidéo sonore d’une chambre d’hôtel transformée en une chambre du cinéma, une camera intima de nos souvenirs de cinéma…

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Epilogue

Et toi, Tu te souviens? D’une scène de film dans une chambre d’hôtel? Il y a toujours un temps, ce temps pris dans le silence, d’une parole muette, hésitante qui dit le temps d’une mémoire en travail avec elle-même, avant de ne faire émerger le souvenir de la scène au bord de ses paupières-écrans, et la projeter au regard du monde. Tu te souviens de la chambre en particulier ? Dans cette installation, je propose aussi au visiteur qui le souhaite de me confier son souvenir de cinéma dans une chambre d’hôtel, soit par enregistrement sonore pour les plus timides, mais préférablement par l’outil de la caméra. Camera intima c’est aussi voir défiler sur un mur-écran de la chambre d’hôtel, ces visages anonymes se remémorer peu à peu leur expérience cinématographique. Tu te souviens de ce qui se passait à l’intérieur ? Se remémorer ce qui fût une émotion intime liée certainement à l’espace de la chambre d’hôtel, lieu du fantasme, du désir et de l’attente, l’hétérotopie par excellence pour y faire naître l’amour mais aussi parfois la mort, à cause de cet amour…

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