Désir d’autoroute

Un soir d’été, je rencontre un inconnu sur une aire d’autoroute.

Récit en autofiction

d’une femme en errance amoureuse

sur un non-lieu contemporain.

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CM Auto-fiction 15’, coul/N&B, HD
AIRELLES PRODUCTION
Hélène Lioult et Marielle Gros

Synopsis

Un soir d’été, alors que je quittais Paris pour Marseille, afin de me rapprocher de l’homme que j’aimais, dans mon errance, je rencontre un inconnu sur une aire d’autoroute. Celui-ci m’aborde en se rapprochant de table en table tandis que je m’installe sur la terrasse du self-service, presque déserte. Je n’avais pas envie de parler, plutôt préoccupée à attendre un hypothétique sms de mon amant. Mais l’homme insiste pour m’offrir un café.

Au lieu de repartir aussitôt comme il est d’usage dans ce genre de lieu, je commence à parler avec cet inconnu, malgré moi. D’une discussion banale, de drague maladroite et stéréotypée, se crée peu à peu entre nous, sous le contrôle des caméras de vidéo-surveillance, l’espace subtil d’une parole, plus intime.

L’heure passe et il fait de plus en plus chaud. Tandis que ma voix en off raconte au passé la rencontre avec cet inconnu, mon corps joue au présent la scène de la montée d’un désir, entre attrait et effroi. Et je n’ai plus su, à l’intérieur de moi qui j’attendais. De mon amant lointain. Ou de cet homme inconnu devenu, soudain, plus proche. Mon désir va et vient, entre les interstices des images visuelles et sonores de l’aire d’autoroute. Aurons nous fait l’amour ? Tandis que nos voix continuent de se parler en hors champ, j’erre, seule, au bord d’autres aires d’autoroutes à la recherche du visage inconnu et désiré.

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Note d’intention

Je suis partie d’un fait vécu ou plutôt du souvenir de ce que j’ai vécu un soir d’été sur une aire d’autoroute. J’avais envie de témoigner de cette expérience humaine et commune que nous pouvons tous à un moment vivre dans un moment de solitude : celle de se confier à un inconnu de passage dans un lieu. C’est l’expérience de l’intime qui nous ouvre à une expérience de l’être, de notre manque à être : des solitudes en désir.

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Du souvenir fragmenté de ce dialogue avec cet homme, je souhaite filmer la montée subtile d’un désir. Entre attrait et effroi, entre avancée et recul, entre forward et rewind, je veux filmer la variabilité du désir, sa circulation invisible et aléatoire, entre des voix, des sons et des images.

Qu’est ce qui rend en effet et soudain possible la rencontre entre deux êtres  et surtout entre deux êtres aussi différents comme nous l’étions ? Il était routier, marié, divorcé deux fois avec une ribambelle d’enfants, sans culture particulière, ni physique attrayant. C’était un homme ordinaire, banal, classique dans son mode de séduction. Il était surtout seul et sa solitude a fait écho à la mienne. Nous étions, tous les deux, seuls, ce soir-là, et en errance sur le non-lieu d’une aire d’autoroute.

Car l’originalité et le paradoxe de cette rencontre intime avec cet inconnu, est qu’elle se réalise sur une station-service autoroutière, un lieu anonyme et passager, signe de notre modernité, un lieu impersonnel et uniformisé, qui ne favorise pas au premier regard, proposé au début du film, la rencontre et cependant la provoque.

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Et c’est ce raccord entre espace et désir, solitude et parole qui m’intéresse de questionner en cinéma. Comment ça s’accorde et se désaccorde, se joint et se disjoint, cette rencontre entre Eros et un lieu a priori sans eros ?C’est que ce non-lieu de l’aire d’autoroute, décor-unique du film, va se charger, la nuit venant, d’une puissance esthétique audio-visuelle et se transformer en un espace-temps cinématographique, qui va venir désagréger ce sens unique de l’autoroute et son discours publicitaire vidéo surveillé, pour laisser place à une autre vision : Celle d’un espace érotique et poétique où se rencontrent deux êtres qui n’étaient pas destinés à se rencontrer.

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Une errance visuelle et sonore, poétique et sensuelle, un voyage dans le désir dans un lieu sans désir… 

Si vous désirez partir dans cette belle et sensible aventure,  écrivez à Barbara Panero via la Cinereveuse en remplissant le formulaire ci-après. Elle vous répondra si tôt…

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